+ 33 687 462 240

Le Hajj par procuration : mode d’emploi

La procuration dans le Hajj est l’une des facettes de l’indulgence et de la tempérance de la législation islamique. Elle consiste à faire le hajj pour quelqu’un à moins qu’il soit incapable d’accomplir le hajj à cause d’une maladie incurable, d’un handicap permanent ou d’un âge avancé. La procuration dans le Hajj également se faire pour les personnes décédées.

Faire le Hajj pour autrui : les conditions de la validité

Tout musulman qui compte accomplir l’obligation pèlerinage à la Mecque doit réunir les conditions requises pour faire le Hajj. Il en est de même pour  faire le hajj le Hadj pour quelqu’un. En effet, pour être valide, le pèlerinage par procuration nécessite la prise en compte de certaines conditions, dont certaines sont liées au mandataire et certaines sont liées au mandaté, comme nous allons l’expliquer ci-après :

1-La procuration doit se faire pour une personne inapte à accomplir le Hajj

Le pèlerinage par procuration se fait pour une personne incapable d’accomplir cette obligation, et qui souffre d’une incapacité permanente ne laissant pas l’espoir de sa disparition ; cela peut être en raison d’une maladie ou d’un âge avancé, ou pour une personne morte qui, de son vivant, avait la capacité d’accomplir le pèlerinage mais ne l’a pas accompli.

2-Le mandaté doit réunir les conditions acquises pour faire le Hajj

Pour faire le Hajj pour quelqu’un, le mandaté doit faire partie des gens pour qui le Hadj obligatoire serait accepté s’il l’accomplissait pour lui-même. C‘est à dire, le Hajj est invalide lorsqu’ une personne inapte donne procuration pour accomplir le Hadj à un jeune garçon (impubère.

3-Le mandaté doit accomplir le Hajj pour lui-même en premier

La dernière condition pour faire le Hajj pour autrui consiste à ce que le mandaté doit accomplir le Hadj pour lui-même en premier sinon la procuration serait invalide. Ainsi le Hadj de la personne inapte à l’accomplir et qui donne procuration à quelqu’un l’ayant déjà accompli pour le faire à sa place est valide, tout comme est valide le Hadj de la personne inapte qui donne procuration à un pauvre, car le pauvre est dispensé de l’obligation du Hadj. EL QIBLA vous propose ce service, veuillez remplir les champs ci-dessous afin d’obtenir les renseignements sur les tarifs et les conditions d’organisation relatifs à cette offre.

Hajj Badal

Les champs marqués avec une* sont obligatoire

Louanges à Allah

Celui qui possède un surplus de biens qui dépasse les frais de sa propre prise en charge vitale et celle de sa famille et suffit pour lui permettre de faire le pèlerinage, doit s’y rendre. S’il en est incapable en raison d’une maladie ou de la vieillesse, il est tenu de se faire remplacer. S’il meurt sans le faire, on doit prélever de son héritage de quoi faire faire le pèlerinage à sa place. Car l’accomplissement du pèlerinage est une dette qu’il reste devoir et la dette due à Allah mérite plus que toute autre d’être honorée. A ce propos, An-Nassai (2639) a rapporté d’après Ibn Abbas qu’un homme avait dit: ô Messager d’Allah, mon père est mort sans avoir fait le pèlerinage. Devrai-je le faire à sa place?- Que ferais-tu si ton père avait laissé une dette? L’aurais-tu réglée?- oui- la dette envers Allah mérite plus que toute autre d’être honorée.» Hadith jugé authentique par al-Albani dans Sahih an-Nassai.

Ibn Qudamah (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit:« Dès que quelqu’un qui doit faire le pèlerinage meurt avant de le faire, on doit prélever de ses biens les frais permettant de faire les pèlerinages mineur et majeur à sa place. Que son non-accomplissement du pèlerinage résulte d’une négligence ou pas. C’est l’avis de Hassan, de Tawous et de Cahfii. Ils s’appuient sur ce hadith rapporté par Ibn Abbas selon lequel une femme avait interrogé le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) à propos de son père mort sans avoir fait le pèlerinage. Le prophète lui dit: «fais-le à sa place.» Selon le même Ibn Abbas une femme avait formulé le vœu de faire le pèlerinage. Ensuite elle décéda. Son frère se présenta au Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) pour l’interroger à propos du cas de sa sœur. Il lui dit: «que ferais-tu si ta sœur avait une dette, ne l’aurais-tu pas réglée?- oui- alors réglez la dette d’Allah  car elle mérite plus que les autres d’être réglée.» (rapporté tous les deux par an-Nassai). C’est parce que l’accomplissement du pèlerinage est un devoir pour lequel on peut se faire remplacer. Aussi ne s’efface –t-il pas avec la mort. C’est comme la dette.» Extrait d’al-Moughni,3/101.

S’il s’agit de quelqu’un qui sa vie durant ne possédait pas un surplus de biens qui dépassait les nécessités de sa prise en charge vitale et celle de sa famille, il n’était pas tenu de faire le pèlerinage. Aussi n’est il pas nécessaire de le faire à sa place, à moins qu’on le fasse à titre bénévole.

Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a été interrogé en ces termes: «j’ai un frère atteint du cancer- puisse Allah nous en protéger et en protéger tous les musulmans- il est décédé cette année à l’âge de 19 ans sans avoir fait le pèlerinage. Il avait été atteint de la maladie il y cinq ans. Devrions nous faire le pèlerinage à sa place? Y a-t-il un acte expiatoire à faire?»

Voici sa réponse: «il faut que l’auteur de la question nous dise si le jeune disposait de fonds lui permettant de faire le pèlerinage. Si tel est le cas, il faut qu’on fasse le pèlerinage à sa place. S’il n’en disposait pas, il n’était pas tenu de faire le pèlerinage et il est mort la conscience quitte par rapport à cette obligation religieuse. Si toutefois ses parents veulent faire le pèlerinage à sa place à titre surérogatoire, il n’y a aucun inconvénient à le faire.» Extrait de Liqaa ach-chahri,62/5.

Cela étant, s’il s’avère que le défunt disposait de fonds suffisants pour lui permettre de faire le pèlerinage, il était tenu de le faire. Le fait pour l’auteur de la question d’accomplir le pèlerinage à la place du défunt est un acte correct. Le prélèvement des frais y afférant passe avant le droit des héritiers. Cependant ils doivent en être informés afin d’éviter qu’ils fassent un autre pèlerinage pour le défunt  en croyant que personne ne l’a fait pour lui.

Allah le sait mieux.

S’agissant de votre question, sachez que le musulman, avant de faire le pèlerinage pour quelqu’un doit l’avoir accompli pour lui-même.Ce qui s’atteste dans le hadith d’ibn Abbas qui dit que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) avait entendu un homme dire: « Je vous répond à la place de Shoubrouma. » et lui avait dit: « Qui est Shoubrouma? » et l’homme avait répondu: « Un de mes frères. » Et le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) avait poursuivi en disant: « As-tu fait le pèlerinage pour toi-même? » « Non. » avait dit l’homme. « Fais-le d’abord pour toi-même ensuite tu le feras pour Shoubrouma. » Avait conclut le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). (rapporté par Abou Dawoud dans ses Sunan: livre sur les rites du pèlerinage: chapitre: un homme qui fait le pèlerinage à la place d’un autre) C’est un hadith authentique.

Voici les preuves ainsi que les paroles des savants concernant ce point :

  • Ibn Abbas Rapporte : «  Une femme vint au prophète et lui dit: ma mère avait fait le voeu avant de mourir, d’accomplir le hajj, pourrai-je le faire à sa place ?. il dit  » Oui, accomplis le hajj à sa place, vois-tu si ta mère devait une dette à autrui l’aurais tu payée ? remboursez ce qu’Allah vous doit, car c’est envers lui qu’on doit être certainement en règle« .

( Sahih Boukhari n°1852 )

  • Ibn ‘Abbas rapporte qu’un homme est venue voir le messager d’Allah au sujet d’un homme nommé Shoubrama ,le messager d’Allah lui avait dit: « Qui est Shoubrouma? » et l’homme avait répondu: « Un de mes frères. » Et le Prophète (Salla Allahou Alaihi Wa Sallama) avait poursuivi en disant: « As-tu fait le pèlerinage pour toi-même? » « Non. » avait dit l’homme. « Fais-le d’abord pour toi-même ensuite tu le feras pour Shoubrouma. »

( Rapporté par Abou Dawoud dans ses Sounan,Hadith Authentifié par Cheikh Al-Albani dans Sahih Sounan Abou Daoud n°1811 )

  • Cheikh otheimine :  » Oui il est permis d’accomplir la ‘Omra ou le Hajj en faveur d’une personne décédée [..] « 

Source:Fatawa Arkane Islam p 506.

  • Cheikh Ibn Baz mentionne :  » Les récompenses des oeuvres accomplit par les vivants qui profitent aux morts sont uniquement ceux dont [ le coran et la sounnah ] à démontrer qu’ils peuvent profiter aux morts.« 

 Le prophète à dit  »  Lorsque l’enfant d’Adam meurt, ces actions prennent fin, si ce n’est une aumône continuelle, une science utile, ou un enfant vertueux qui invoque Allah pour lui  » [ Note : Hadith Authentique rapporté notamment par Mouslim dans son sahih, Boukhari dans Adab Al-Moufrad et authentifié par Cheikh Al-Albani dans sahih Sounnane Abou Daoud ]

Et d’autres Ahadiths rapportés concernant ce sujet démontrent que les morts peuvent tirer profit de l’aumône, de l’invocation, du pèlerinage, de la’Omra des vivants […].

 Source : Majmou Fatawa Cheikh Ibn Baz vol 13 p 249.

Lajna Da Ima mentionne :  » Il est permis d’accomplir le Hajj ou la Omra à la place d’une personne décédée, ou bien d’un musulman encore vivant, mais qui est dans l’incapacité physique d’accomplir le Hajj à cause d’un âge avancé ou d’une maladie dont il a perdu l’espoir d’en être guérit« .

Source:  Majmou Fatawa Lajna Da Ima Vol 11

Lajna Da Ima précise également que :

  • Le musulman ne peut accomplir le hajj à la place d’un autre qu’après l’avoir fait pour lui même.
  •  Il est interdit d’accomplir le Hajj en faveur d’une personne morte dans la mécréance.
  •  Il est permis d’effectuer le hajj à la place d’un mort, même si ce défunt durant son vivant n’était pas concernée par l’obligation du Hajj à cause de sa grande pauvreté.
  •  Il est permis de se faire payer pour accomplir le hajj à la place d’un autre, Toutefois, la personne doit être animé de la volonté de participer à une bonne action et d’en profiter pour effectuer des pratiques cultuelles dans le noble sanctuaire, il ne doit faire de l’acquisition de l’argent son objectif unique.
  • Effectuer le Hajj à la place de son père ou sa mère décédée fait partie de la bienfaisance dont Allah mentionne dans le verset suivant :  « Nous avons commandé à l’homme (la bienfaisance envers) ses père et mère; sa mère l’a porté (subissant pour lui) peine sur peine: son sevrage a lieu à deux ans. « Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est la destination. « 

Source: Majmou Fatawa Lajna Da Ima Vol 11